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Près de quatre ans après le début de la guerre en Irak, les parlementaires américains ont dit, pour la première fois, qu'ils n'étaient pas d'accord avec la stratégie du président George Bush. Par 246 voix contre 182, la Chambre des représentants, à majorité démocrate depuis les élections de novembre 2006, a adopté, vendredi 16 février, une résolution qui "désapprouve" l'envoi de 20 000 troupes supplémentaires en Irak.


Visite surprise de Condoleeza Rice à Bagdad
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, est passée samedi matin à Bagdad, avant de se rendre le soir à Jérusalem. Dans le quartier sécurisé de la capitale, elle devrait s'entretenir avec de hauts responsables américains et irakiens, notamment le premier ministre Nouri Al-Maliki.

La visite de Mme Rice intervient trois jours après le lancement par les autorités irakiennes d'un nouveau plan de sécurité pour Bagdad. Les premiers résultats sont "éclatants", a assuré M. Al-Maliki à M. Bush, vendredi par téléphone. Mme Rice n'était pas venue en Irak depuis octobre. Après son arrivée, un attentat a blessé trois policiers, dans l'est de la ville. A Kirkouk, dans le nord du pays, au moins sept personnes ont été tuées samedi.

Le débat a duré quatre jours. Près de 400 représentants sont intervenus, beaucoup évoquant leur histoire personnelle. Il y a eu des moments chargés d'émotion. Le représentant Sam Johnson, qui a passé sept ans comme prisonnier de guerre au Vietnam, a imploré le Congrès de ne pas "abandonner les soldats" comme par le passé. "Nous étions encore au Vietnam quand le Congrès a coupé les fonds. Je sais ce que cela fait", a-t-il dit, avant d'être salué par une ovation. "Débattre des résolutions non contraignantes ne fait que détruire le moral des troupes. Quoi qu'il arrive, nous devons leur rester fidèles."

"UN MOT ESSENTIEL : VÉRITÉ"

Autre cas emblématique, celui de l'élu de Caroline du Nord, Walter Jones, le républicain qui, en 2003, avait fait campagne pour changer le nom des frites ("French fries") de la cafétéria du Congrès pour protester contre le gouvernement français. Il a expliqué qu'il avait été marqué par la lettre d'un jeune soldat tué à Nasriyah, qui avait été lue pendant les funérailles. En rentrant chez lui, il a eu une sorte de conversion. "Il y a un mot qui est essentiel pour l'avenir d'une démocratie. Ce mot est : vérité." Il a voté pour la résolution.

Le Sénat n'a pas encore réussi à passer au vote sur la résolution sur l'Irak. Les républicains veulent faire voter au préalable une motion dans laquelle les élus s'engageraient à ne pas couper les fonds pour l'armée. Il faut 60 voix pour briser l'opposition républicaine mais la majorité démocrate est trop fragile. Excédé, le chef de file démocrate Harry Reid a pris l'initiative exceptionnelle de convoquer le Sénat un samedi.

Il y a peu de chances que le vote au Sénat, qui ne porte que sur l'opportunité d'examiner le texte sur l'Irak, soit concluant. La situation est à ce point embrouillée que l'on a vu le vénérable John Warner se prononcer contre le fait de passer au vote sur la résolution d'opposition au président qu'il avait lui-même rédigée...

Les démocrates ne comptent pas en rester là. En adoptant cette résolution, "nous ouvrons la voie à une nouvelle direction en Irak", a dit Nancy Pelosi. Ils sont poussés par la base : dans une vingtaine d'Etats, des résolutions contre la guerre et "l'inaction du Congrès" sont en préparation.

La prochaine bataille est celle des crédits. L'examen du supplément budgétaire attribuant les fonds pour la nouvelle stratégie doit commencer début mars. John Murtha, un ancien marine, déterminé à obtenir le retour des soldats, a déposé un amendement liant le vote des crédits à l'état de préparation des troupes. Il souhaite que les soldats aient un an de repos entre chaque déploiement.

Certains experts républicains agitent déjà le spectre d'une crise constitutionnelle si les démocrates s'opposent aux prérogatives du président en temps de guerre.

Image: la démocrate Nancy Pelosi, ici aux côtés du chef de la majorité démocrate, Steny Hoyer.

(le monde: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-868518@51-823016,0.html)

Commentaires

Avatar de actu

Par actu le 18/02/2007 à 10h03

Lance un avis de recherche: qu'entendent les américains par "la vértié Française"? Qui nous ment, le gouvrenement français ou le gouvernement Américain avec leurs armes de déstruction massives ?

Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi les amérisains nous prennent pour des menteur ça m'aiderais.
Merci



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